Jeudi 27 avril 2006

C’est officiel : me voilà définitivement expatriée à Stavanger en Norvège. Pour une année entière. A moins d’une nouvelle ère glacière ou d’un quatrième choc pétrolier. N’excluons aucune possibilité.

Même si une petite part de moi espérait secrètement une issu favorable à l’entretien d’Amsterdam, j’avoue que c’est agréable de se sentir fixée sur son sort. Et exceptionnellement, les circonstances me mènent vers le chemin le plus direct, sans embûches, et m’épargnent une nouvelle phase de questionnement. Pas évident de savoir ce qu’on veut faire de sa vie à 24 ans. Et pourtant, j’ai l’impression de faire maintenant des choix décisifs pour mon avenir…

Ni démission, ni déménagement. Reste plus qu’à poser et déballer intégralement ses valises. Et donner un peu de chaleur à cet appartement tout équipé afin de ne plus me sentir en éternelles vacances dans un chalet de station de ski ;-)

Bref, je suis maintenant en mesure de m’investir pleinement dans ma nouvelle vie norvégienne. Mais prudemment. Je crois que j’ai brulé quelques étapes hier à la piscine. J’ai mis ma pudeur de côté et fait pété le maillot pour me fondre dans les traditions locales. Trop d’émotions, j’en ai oublié le maillot dans les douches communes. Je soupconne aussi le sauna de m’avoir fait tourner la tête…

Toujours est-il que l’incident va me permettre de tester la légendaire bonne conduite des Norvégiens. En même temps, qui pourrait bien voler un maillot de piscine aux formes si ajustées? ;-)  

Samedi 22 avril 2006

Ouh lala.... il grand temps d'alimenter en futilités mon chat désormais norvégien. Je l'entends qui miaule à mort et qui dépérit...

Suite effectivement à des remarques désobligeantes d'amis (enfin je pensais) que-je-ne-citerais pas, me voila en pleine action, avec la désagréable sensation de faire face à un écran menaçant... que voulez vous, je suis désormais une employée modèle (?) d'une filiale norvégienne d'un groupe qui brasse un paquet de fric - et à ce titre, je n'abuse pas d'internet à tort et à travers, je ne papote que très rarement avec mes collègues, n'utilise pas mon téléphone à des fins privés, et ne reviens pas de la cantine avec mon dîner du soir.

Dans de telles conditions, vous comprendrez qu'il m'était difficile de tenir à jour ces quelques pages virtuelles.

Alors, ô toi lecteur exigeant (l'intéressé se reconnaîtra), devant tant d'efforts, je t'invite à me laisser quelques mots dans la rubrique "commentaires" en bas et à droite de cet article. Je ne pratique - absolument jamais - la censure ;-)

Déjà plus d'un mois que je survis sous ces hautes latitudes, dans l'humidité et la pénombre. Et bizarrement, malgré les avertissements de quelques mauvaises langues, certains clichés sont partis en fumée tandis que d'autres se sont bel et bien confirmés.

Avant de débarquer la valise à la main en terre viking, la jeune fille prévoyante que je suis a en effet parcouru quelques guides de voyage, dont voici une petite suggestion complètement exhaustive :

" Les Norvégiens ont toujours vécu en osmose avec la nature. Ils pratiquent le naturisme surtout pour bénéficier du moindre rayon de soleil qui manque cruellement pendant les longs mois d'hiver. "

J'ai l'impression que les Norvégiennes se sentent également en parfaite harmonie avec la piscine. A un tel niveau d'osmose que les piscines municipales ne disposent pas de cabines pour se changer. Allez hop, tous le monde a poil : les maigrichonnes, les culottes de cheval, les cellulitées, les bien golées... Pendant que nous, petites françaises, on se camoufle derrière notre serviette maladroitement enroulée autour de notre taille.... Et je ne suis pourtant pas du genre très pudique, mais après mes 40 longueurs de crawl bi-hebdomadaires, quand arrive l'instant magique du sauna, la pudeur bien dissimulée des Norvégiennes combinée avec la petite taille de la salle et l'heure d'affluence de la piscine engendrent des situations bien comiques de promiscuité. Je vous laisse imaginer la suite :-))

" La Norvège est un pays sûr, avec un faible taux de criminalité. Une femme peut très bien se promener seule la nuit, même dans les grandes villes."

Je conseille vivement à tous les voleurs et braqueurs d'immigrer en Norvège où la concurrence est inexistante et les citoyens peu méfiants. En me baladant en ville, je ne résiste en général pas longtemps à la tentation de jeter des regards curieux vers les intérieurs bien rangés des Norvégiens. A l'inverse des Français qui aiment se sentir chez eux en se camouflant derrière des rideaux bien opaques, les Norvégiens cultivent un certain art de l'exhibition... Je leur décerne d'ailleurs la palme d'or du kitch dans la catégorie bibelots aux fenêtres. On s'attendrait presque à apercevoir une des Desperate Housewives (au hasard Bree) attendre son mari au coin du feu. Sauf que le mobilier est un peu plus design, genre IKEA pour ne pas faire de pub...

C'est par contre un vrai bonheur d'être piéton, j'ai beau me jeter sous les roues des voitures, les conducteurs pilent sans même un coup de klaxon. En fait, à peine arrivées à un passage piéton ou à un carrefour, les voitures s'arrêtent en douceur afin de laisser traverser le piéton qui est prioritaire. J'étais tellement surprise au début que j'étalais mes sourires niais de reconnaissance à tous les gentils automobilistes croisés sur ma route. J'ai vite arrêté. Pas envie d'avoir des rides avant l'âge...

 

" Le moyen le moins onéreux et le plus efficace que les Norvégiens ont trouvé de faire la fête est de prendre le ferry entre Oslo et Copenhague. On peut y acheter de l'alcool en zone internationale à moitié prix et y danser toute la nuit."

Quelle idée saugrenue me direz vous. Mais à raison de 300 NOK soit 35€ la bouteille d'alcool fort dans les magasins surtaxés par l'Etat norvégien, je ne suis pas surprise de l'existence de moyens détournés. Le prix des consommations dans les bars nous apprend bien assez vite à ne pas boire inutilement. Moi qui n'ai jamais fait attention à mes dépenses, j'ai désormais la désagréable impression de compter mes sous. Encore cette mauvaise habitude de convertir les NOK en Euros. Vivement que j'oublie mes références françaises !

Je profite de cette parenthèse pour informer mes prochains visiteurs de la nécessité de se munir de deux éléments fondamentaux :

- une pièce d'identité autre qu'un permis de conduire ;-)
- de bons crus vieillis en duty-free (les bouteilles explosées dans les sacs ne comptent pas !!)

 

" Fait assez récent, avoir une famille nombreuse est devenu un symbole de réussite sociale."

C'est pas une raison pour faire des gosses à 20 ans. C'est fou le nombre de jeunes filles que je croise avec un ventre bien arrondi. Il parait que les étudiantes ont des intérêts financiers non négligeables à avoir un gosse pendant leur formation. Je ne suis pourtant pas certaine qu'elles réussissent socialement mieux que leurs copines.

Les jeunes papas disposent d'un an de congé parental, au même titre que les mamans. Enfin un pays qui a tout compris ;-)

 

J'ai gardé le meilleur pour la fin :

" La Norvège est probablement le pays d'Europe le plus féministe qui soit. Les femmes jouent un rôle important dans la vie politique. Le travail de longue haleine des féministes a réussi à changer les mentalités, mais la contrepartie en est que le féminisme a souvent tué le romantisme. La femme norvégienne pourra afficher un mépris de ce qui, dans l'habillement ou dans l'attitude, pourrait être considéré comme un artifice de séduction. Elle ne se maquille pas, et ne cherche pas à être "sexy". Elle s'habille sport, est plutôt athlétique et porte des chaussures plates."

Quelle déception pour tous les inconditionnels de la beauté scandinave grande et blonde. Tout un mythe qui s'écroule... La femme norvégienne est artificiellement brune et accessoirement habillée comme un sac à patate. C'est comme ça qu'il le faut comprendre non?

Je vais pas vous faire patienter plus longtemps, je vois déjà la mine déconfite de certains qui s'apprêtent définitivement à annuler leur voyage en Norvège. NON, les Norvégiennes ne sortent pas tout droit des cavernes, font du shopping le samedi (à condition de s'être levé assez tôt, les magasins ferment à 15h-16h), se maquillent (parfois aussi comme des poufs) et ne portent pas uniquement des chaussures plates. Sinon, c'est bien connu, elles se feraient jeter du Baoli ;-) Rassurés?

La délicatesse n'est cependant pas toujours leur point fort, et il paraitrait même qu'elles sont de nature assez entreprenante, mais je vous laisse découvrir ce point par vous même.

 

J'en ai fini pour aujourd'hui, la suite au prochain épisode....

 

Ha det Bra !!!

Lundi 10 avril 2006

Ceci est un message de soutien pour tous mes amis les lapins: il est tant de fuir, le génocide approche !!

Joyeuses pâques à tous, et attention aux crises de foie !!  Au passage, si vous croisez la route d'une cocotte en chocolat, envoyez la faire du tourisme en Norvège ;-)

   

Samedi 1 avril 2006

Un rapide repérage du centre ville suffit pour remarquer qu'un métier semble très porteur à Stavanger : le coupage de tifs. Je n'ai pas fait le compte, mais on trouve quasiment un salon à tous les coins de rue. 1 salon pour cent habitants en moyenne, la concurrence est rude. Je me suis logiquement posée la question suivante : mais comment les salons Norvégiens rentabilisent-ils leur business?

Deux hypothèses se sont naturellement présentées à mon esprit :

1 - Le Norvégien moyen prend davantage soin de ses cheveux - parce qu'ils le valent bien - ?? C'est d'ailleurs le premier pays où je vois des demoiselles brunes avec des racines blondes, c'est le monde à l'envers !!

2 - Les salons de coiffure ne sont qu'une devanture afin d'exercer en toute discrétion de sinistres activités - des maisons closes, du trafic de drogue, d'organes... - ?


Laure, envoyée spéciale en terre viking, a mené l'enquête au péril de sa vie un premier Avril.

Le choix du salon est crucial. Après avoir hésité devant une petite dizaine, j'entre finalement dans l'unique salon ayant affiché ses prix à l'extérieur afin d'éviter les mauvaises surprises. Apprentie reporter mais pas encore milliardaire. Erreur, la boutique est déserte. La coiffeuse m'accueille naturellement avec son plus beau sourire. Tu m'étonnes, je viens de lui rentabiliser son après-midi. Trop tard pour faire demi-tour. Je commence sérieusement à prendre peur pour mes cheveux, surtout quand je comprends qu'elle ne parle pas un traître mot d'anglais. Elle me montre un catalogue de coupes plus ringardes les unes que les autres. Ca commence mal. Je lui fais comprendre que mes cheveux sont trop longs dans la nuque, que je ressemble plus à rien quoi. Et là, c'est le drame. Alors que toute bonne coiffeuse m'aurait souri, certes de façon hypocrite mais surtout rassurante, le reflet dans le miroir fait une moue qui signifie clairement "mais je vais pas pouvoir faire de miracle avec de tels cheveux….". La légendaire délicatesse norvégienne est de retour. J'ai même pas le droit à un shampoing, juste au pschiiit pschiiiiiiiiit de ses plantes vertes. Moi qui suis précisément arrivée avec les cheveux bien collés, elle va pas être déçue... Je vis ensuite ce qui me semble être une interminable attente, la peur au ventre, en craignant le moment où je remettrai mes lunettes sur le nez pour constater l'étendue du carnage. Finalement, plus de peur que de mal. Mais je ne suis pas encore au bout de mes peines, elle me tartine généreusement la tête de cire, comme si mes cheveux n'étaient pas déjà assez sales. J'ai l'impression d'avoir une omelette bien grasse sur la tête.  

 


Morale de l'histoire : y a vraiment trop de coiffeurs dans cette ville....      
Mercredi 22 février 2006

3.50 am. Patrice me tire du lit. Enfin Patrice, le chanteur. Evidemment. Pas de malentendus. Vague impression de n'avoir fait qu'une sieste. Me voilà à errer à tâtons dans mon appartement vide, à la recherche de l'interrupteur. La lampe hallogène me tire de mes rêves. Je me pare, superstitieuse, de mon plus bel ensemble de lingerie rouge. Beau car il a  le mérite d'exister et d'être coordonné. J'ai pris soin de garder mon uniforme spécial-entretien avec moi. Je l'enfile. Quelques faux plis. A mettre sur le compte de l'avion. Rapide état des lieux devant le miroir de la salle de bain. HORREUR !!!! Un ourlet est décousu, mon pantalon traîne par terre. Du fil, une aiguille, vite ! Evidemment, le matériel de survie s'est volatilisé dans le déménagement. Phase de relativisation. L'incident n'est pas si dramatique, mes jurys seront émerveillés par la qualité de ma prestation, l'habillage est vraiment superflu. Nouveau regard vers mon pied gauche. Non, ça craint... Hors de question que ce pantalon trempe dans la boue hollandaise. Pas de temps à perdre, il faut rebondir. Rapide inventaire de la maigre garde robe qui a réchappée au déluge. Un jean délavé. Un short. Tiens, une jupe acheté aux soldes. Allez go. Merde. Je suis poilue comme un gorille. Mes collants opaques me sauvent. Putain, je vais me cailler, j'enfile une paire de chaussettes. Pour le confort. Et ma paire de bottes par dessus. J'avale en vitesse une vitamine C, une crèpe, un thé. Ultime vérification de tous mes papiers.

4.30 am. Je file. Les rues de Cannes sont désertes. C'est flippant. Pas un chat, juste un homme derrière moi. Derrière moi? Il me suit c'est sur, je suis en jupe... Non, même pas. Pour le coup, je suis complètement réveillée au volant de ma fuego. Des flots de paroles anglaises s'échappent de radio Riviera. Au sommaire: Bush et la grippe aviaire. Je poirotte de longues minutes à l'aéroport. Puis l'heure d'embarquer arrive. Non, c'est pas vrai, ils vont me demander d'enlever mes bottes. Bingo !! Je suis morte de rire évidemment. J'ai de la chance dans mon malheur : je n'ai pas mis mes chaussettes Snoopy.

Une sacrée journée commence...

Velkommen

The WeatherPixie

 
 



expatriate 

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Mon ciel

En quelques mots : Laure, et depuis peu Lolotte -charmant n'est ce pas?!-, ex-étudiante, et propriétaire comblée d'une presque-voiture de collection, une FUEGO. Merci à Vinzc pour cette jolie illustration ;-)

Je t'invite à suivre mes traces encore fraîches au royaume des Olav, des rênes et de la morue, de la crême pour les mains, des aurores boréales... afin d'y trouver pêle-mèle notes et témoignages de mes (més)aventures dans cette contrée lointaine.


 

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