Mercredi 14 juin 2006

Il est grand temps de faire un point sur les habitudes alimentaires locales. Car les norvégiens ne mangent pas que du poisson et du saumon fumé, ils adoooorent la pølse.

Mais la pølse est encore plus goûtue dans tous les Narvesen et 7 Eleven, qui sont un compromis entre les bureaux de tabacs / presse et les épiceries, ouverts jour et nuit. On l'agrémente alors d'oignons séchés et de purée de cornichons bien sucrée. Le Rêve !!  Bref elle est irrésistible, et sa campagne de publicité omniprésente (et assez suggestive...). Et pour terminer elle ne coûte que 15KR. Une affaire : le meilleur rapport qualité prix de toute la mal bouffe norvégienne. A tester d'urgence...La pølse, qu'on prononce ici peul-seu, est la saucisse la plus populaire que je n'ai jamais rencontrée. Avec ses allures de knacki légèrement plus poivrée, elle se décline dans toutes les tailles, se déguste sur place ou à emporter, en journée jusqu'à tard dans la soirée. Bref c'est un peu le kebab local. Elle se vend précuite dans les supermarchés -impossible de louper sa cuisson- et par multiple de 8, et là c'est le bonheur complet, on en mange toute la semaine. Et avec les beaux jours qui commencent, la pølse est devenue la reine de l'été et l'élément incontournable des barbecues.

Mardi 6 juin 2006

La date de mon dernier post me couvrirait presque de honte.... mais la tournure actuelle des événements a rehaussé de beaucoup le seuil à partir duquel j'éprouve ce désagréable sentiment; et seule une catastrophe majeure pourrait actuellement l'atteindre. Enfin je vais quand même m'en tenir à ce que m'a conseillé un collègue : fuir les risques inutiles, ne RIEN faire de dangereux pendant un petit moment, se tenir à carreaux quoi. Je vais pas tarder à devenir aussi parano que le personnage de Clémentine créé par Boris Vian dans l'Arrache Coeur, qui, au nom de son amour maternel sans limite, commence par enfermer ses trois enfants dans le jardin afin de les protéger des dangers extérieurs, puis les isole successivement du sol et du ciel, parce que la terre véhicule des maladies et les oiseaux volent dans le ciel. 

 

Mes dernières semaines furent très... comment dire... mouvementées, tumultueuses ?...  et il parait selon les thérapies de psychanalyse et surtout le bon sens commun qu'on crève l'abcès par le dialogue. Bon, je conviens que ça ressemble davantage à un monologue, mais j'espère bien par cette douloureuse confession conjurer le mauvais sort. Surtout un mardi 6 Juin 2006, autrement écrit 06-06-06, ou encore 666, je vais pactiser avec le diable (bon ça je l'ai pas trouvé toute seule, tout le mérite en revient à Aurélie). Alors je vous en serais gré, petits esprits démoniaques, de chercher fortune ailleurs. Trouvez-vous une nouvelle proie, je suis ruinée ! C'est vrai que je le mets au défi tous les matins en montant dans une voiture immatriculée 666, mais quand même, je vais pas me taper le bus, collectionner les trèfles à 4 feuilles, et coller des éléphants avec la trompe en l'air sur toute la carrosserie !!! Manquerait plus que je me mette à croire à l'horoscope...

 

Les randos par jour de tempête de neige, c'était rigolo, mais bizarrement, repeindre les arbres en rouge et donner à boire à son ordinateur l'est beaucoup moins. L'arbre et l'ordi ont survécu, mais la camionnette s'en sort avec quelques dommages collatéraux. Oh, trois fois rien, je suis plutôt bonne conductrice, un arbre s'est trouvé au mauvais endroit à un moment complètement inopportun. Un ami m'a judicieusement soumis de ne louer plus que des voitures blanches et de ne jamais me déplacer sans mon Tippex. Sage idée. Il peut se féliciter de m'avoir fait sourire un moment, au moins jusqu'à l'estimation des réparations par l'expert. Et pourtant, mon passé de poissarde récidiviste m'a enseigné un noble principe : l'art de la dématérialisation ! Je ne prétends pas échapper aux méfaits de notre société de consommation, moi aussi j'ai un téléphone portable appareil photo fer à repasser épilateur, j'ai juste appris à relativiser sa perte matérielle. Car après tout, il y a des milliers de choses plus graves sur la terre. Mais j'ai peur d'être arrivée avec un juste prix à 4 chiffres en euros aux limites de ma philosophie, et plus grave encore, de douter même de son fondement. Je devrais juste faire attention un peu plus à mes affaires. Ca m'apprendra...


Samedi 13 mai 2006

Encore un week-end qui nous a réservé quelques surprises.... L'objectif était pourtant cette fois simple et clairement défini : faire l'ascension du Kjerag, point culminant du Lysefjord, un des fjords les plus captivants de la région avec ses 42 km de falaises en granite se jetant à pic dans des eaux émeraudes. Enfin ça c'est quand il fait beau. Sinon les eaux sont bleues grises. Et surtout : faire la photo souvenir sur le Kjeragbolten, un énorme rocher ovale surplombant le fjord d'une centaine de mètres, et étrangement coincé entre deux falaises. Les dépliants de la région regorgent de photos ringardes de bô & bels gosses se choppant sur ledît rocher. Alors logiquement on s'est dit : pourquoi pas nous?  

Mais c'était sans compter sur le déchaînement naturel et récurrent des éléments. Récit d'une nouvelle épopée.  

Le vent glacial et les milles recommandations écrites sur le panneau du parking ne suffisent pas à entamer notre bonne humeur. Le soleil perce les nuages et c'est bien agréable de dégourdir ses petites jambes. Le démarrage est pourtant violent et l'itinéraire pas optimisé du tout. On monte sur des gros blocs de granite pour tout redescendre ensuite. C'est un peu décourageant mais la beauté des paysages nous le fait oublier bien vite. Après une petite heure, on est suffisamment haut pour avoir une vue imprenable mais très brève sur Lysebotn. Car là, c'est le drame. Le ciel se couvre, une tempête de neige abrège notre pause sandwich et on se retrouve en quelques minutes à peine perdus dans le brouillard à patauger dans un bon mètre de neige. Avec aux pieds les baskets les plus lisses du mooonde.

Une vraie partie de plaisir. C'est un complot : les kerns et les flèches rouges ont disparu. Et surtout, le fameux Kjerag est introuvable. Pourtant c'est pas faute de chercher. On est monté au col, on a fait le tour de la montagne, on est revenu plusieurs fois sur nos pas, on a trouvé un pont suspendu brisé, supposé que le chemin continuait par là, contourné la faille et finalement abandonné après avoir ratissé le coin pendant 3 longues heures. L'ECHEC !!!! JE crois que si l'on dessinait notre parcours, ça ressemblerait à peu de choses près à un plat de spaghettis écrasés sur une carte. Je soupçonne les norvégiens d'avoir déplacé le caillou juste avant notre arrivée.

On s'est tout de même consolé avec un presque Kjerag et quelques vues vertigneuses à couper le souffle.  Mais je crains que cette journée marque le retour en grande forme de ma légendaire poisse....    

   

Mardi 9 mai 2006

On l'attendait depuis des semaines, on guettait son retour avec impatience, mais ça y est : le printemps est bel et bien de retour, pour le plus grand bonheur de tous.  

Mon thermomètre affiche dès le matin une température de 16C, chose incroyable pour un mois de mai en Norvège, les bourgeons sont en fleur, la grisaille et la pluie ont cédé leur place à un soleil éclatant qui réchauffe coeur et humeur.  

Les norvégiens ont envahi les terasses de cafés, sortis tongs et débardeurs du placard et dépoussiéré les décapotables et yoats. Norvège, terre de contraste ! Et j'ai ainsi troqué en une semaine à peine mon manteau à moumoutte contre un maillot de bain. Sans pour autant me baigner, ma motivation n'a pas fait le poids contre une température de l'eau digne des mers polaires et la prolifération de sympathiques méduses.  

On apprend ici à tirer partie du moindre rayon de soleil, car on ne sait que trop bien que la pluie nous guette comme une épée de Damoclès au dessus de la tête... Priez avec moi pour que ça dure au moins jusqu'au week end, afin que je vous ramène en boîte de jolies photos de randonnée.

 

Jeudi 4 mai 2006

Je me suis retrouvée ce week-end propulsée dans la peau d'une jeune provinciale, toute excitée à l'idée de se rendre à la "capitale". Quelle aventure... Une capitale pourtant raisonnable en taille avec ses 500 000 habitants et ses pistes de ski accessibles en une vingtaine de minutes de train... Mais quel bonheur de se perdre dans une grande ville ! Quelle joie de constater que l'enchaînement presque trop parfait des petites maisons traditionnelles de bois blanc a cédé la place à une organisation hétérogène et anarchique d'immeubles de plus de deux étages au style architectural parfois assez austère, presque communiste... 

Bref, ça fait du bien de changer d'air  ;-) même s'il reste une constante invariable à nos week-ends : la grisaille, la pluie, et le vent. 

Puisqu'Oslo renvoie l'image d'une ville à vivre au jour le jour, qui ne ressemble pas encore aux autres métropôles européennes, je vous propose une sélection de curiosités ABSOLUMENT non touristiques, que vous ne verrez que par (mal) heureuses erreurs de parcours. 

Oslo est sans conteste LA ville de la mode après Paris. Curieuse de connaître la provenance de l'habillement des autochtones, j'ai fini par dénicher LA boutique des jeunes créateurs responsables de ce nouveau courant. Je parie que la consonnance française du nom de l'échoppe a contribué à leur succès. Quel choix judicieux ;-)   

 

 

Les hasards de nos balades nous ont conduits dans cette rue au nom si... original ! Pourtant, pas de trace de salons de coiffure ou de maison clauses. Le mystère reste entier. Quelqu'un a une idée à soumettre ?

Difficile également de passer sous-silence l'incontournable Galerie Nationale, qui expose les plus célèbres peintres et sculpteurs norvégiens. Les poissonniers, très présents par la force des choses sur le territoire, ont souvent servis de modèles à tous ces artistes en mal d'inspiration.   

Une envie pressante après une journée de marche ? Pas de problème, on peut même faire pipi "à la française". Vive le dépaysement ! Et attention, une sanisette peut en cacher deux autres....    

Et un petit avertissement pour conclure : attention aux pervers qui errent au parc Gustav Vigeland, ils ont les mains qui traînent.   

Un grand merci à mes deux modèles et compagnons de route Sylvie et Xav  ;-)

Velkommen

The WeatherPixie

 
 



expatriate 

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Mon ciel

En quelques mots : Laure, et depuis peu Lolotte -charmant n'est ce pas?!-, ex-étudiante, et propriétaire comblée d'une presque-voiture de collection, une FUEGO. Merci à Vinzc pour cette jolie illustration ;-)

Je t'invite à suivre mes traces encore fraîches au royaume des Olav, des rênes et de la morue, de la crême pour les mains, des aurores boréales... afin d'y trouver pêle-mèle notes et témoignages de mes (més)aventures dans cette contrée lointaine.


 

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