Lundi 11 septembre 2006

Ca y est, j'ai sorti la tête de l'eau (assez provisoirement en fait) et je profite donc de ce moment de répit pour sauver ce blog de la noyade.

Mes récents talents de dessinatrice m'inspirent l'envie de vous présenter le courant Jean-Paul, qui fait fureur depuis mon arrivée en Norvège. Hervé, heureux (?) mécène de ce chef-d'oeuvre, a d'ailleurs écrit un article très juste sur la mode vestimentaire locale, que je vous invite à lire ici. Je rajoute à mon tour quelques mots sur ce brûlant et intarissable sujet. Aperçu en couleur.


Il est donc fréquent de se retrouver nez à nez avec un polo Jean-Paul, au croisement d'une rue du centre-ville, un samedi après-midi. Impossible de passer outre, l'inscription est énooooorme, et qui plus est en français. Au delà de la première surprise, la blondeur, la taille et la fashion-attitude du Jean-Paul fait rapidement s'envoler l'illusion d'un retour en France. Notre esprit conditionné de bon français associe logiquement le Jean-Paul à la maison de haute-couture française Jean-Paul Gaultier. Une analyse ultérieure et plus clairvoyante nous laisse à penser que quand même, malgré le haut niveau de vie local, tout le monde se fournit en fringues chez le même couturier, dont les goûts (et les couleurs) laissent quelque peu songeur. Un petit tour dans les magasins suffit à vérifier que Jean-Paul est une vraie marque faussement française qui se vend exclusivement en Norvège (et peut-être ailleurs en Scandinavie?). Mais pourquoi Jean-Paul ? Ce n'est pas le prénom le plus en vogue en France -d'avance pardon aux Jean-Paul qui me lisent-. Vous vous imaginez porter un pull Robert, une jupe Françoise ?

Finalement, peu importe le choix du prénom, tant qu'il sonne bien français, c'est la classe...
On n'a pourtant rien à leur envier, les prénoms norvégiens sont inoubliables, en découvrir de nouveaux est mon petit plaisir quotidien. Les heureux gagnants d'aujourd'hui sont je cite : Terje, Ulf, Bente, Geir, Kjersti, Lars, Olav, Tore et Kari. Je vous laisse maintenant deviner quels sont les prénoms féminins. J'avoue avoir une légère préférence pour Lars, la combinaison Lars Larsen, pêcheur des îles Lofoten, est tout simplement magique !


Je ne me moque cependant pas trop fort car on vient de me révéler que la prononciation de Laure s'apparentait beaucoup à cuisse en norvégien :-(

La collection Jean-Paul printemps-été 2007 vous a été gracieusement présentée au sommet du Preikestolen, fameux rocher qui surplombe le Lysefjord du haut de ses 600m.

Vendredi 1 septembre 2006

Interminable semaine au bureau scotchée sur mes deux écrans d'ordinateur. La chance hein ? Pour une reprise, elle ne s'est pas faite dans la douceur. Je ne m'en sors pas sans séquelle, j'ai le teint blaffard, les yeux globuleux, le dos en vrac, et la désagréable sensation de n'avoir RIEN fait de la semaine -je déteste ça-, à part satisfaire mes besoins primaires que sont bosser, dormir, et manger. Et encore, le frigo est désespérement vide, faute de temps.

Mon unique distraction de la semaine fut la découverte en concert de Phoenix, qui est un groupe de pop-rock... français. En pleine tournée de leur dernier album It's never been like that, le groupe a fait un crochet par la Norvège -en même temps c'est pas bien long, 4 grandes villes et hop c'est dans la poche- et s'est donc produit à Stavanger dans une ambiance étudiante et légère, tout en remportant un succès très respectable, au moins dans la gérération 18-20 ans. On s'est senti rajeunir ;-)

Leur premier tube Too Young est dans la bande originale du film Lost in Translation, mais le mérite est moindre; Sofia Coppola, la réalisatrice n'est autre que la belle du chanteur du groupe, Thomas Mars.

Pffffffff, je vais me recycler dans la chanson moi si c'est si facile...

Vendredi 25 août 2006
Rentrée, fin des vacances, début des ennuis.

Tiens, j'ai laissé la plaque allumée, la porte ouverte, les plantes vertes dessécher.... Rassurez vous, tout n'est pas pour cette fois. Seuls le basilic et la menthe ont laissé leur peau.
Une surprise bien plus drôle m'attendait. La porte d'entrée à peine franchie, une odeur de renfermé a envahi mes narines et un comité d'accueil m'a aussitôt souhaité la bienvenue.
Une nouvelle invasion de mouches.... Mmmmm.  Cette fois pourtant, j'avais pris soin de vider la poubelle des déchets organiques avant de partir, mais j'ai négligé de jeter les déchets de la poubelle sans nom. J'ignore ce qu'on met dedans mais je sais qu'on n'y met pas : les déchets organiques et les matériaux qu'on recycle (verre, papier, plastique....). Cette poubelle n'est donc pas censée attirer les insectes. Et pourtant, j'ai désormais des dizaines de colocataires. Est-ce qu'il faut conclure -de façon un peu hative- que j'ai mal fait mon travail ? J'ai plutôt la certitude qu'on sous-estime les capacités de survie en conditions plus qu'extrèmes (deux semaines de réclusion) de ces sales bêtes. Et je sais de quoi je parle, je reviens du cercle polaire !

Cette rentrée s'annonce donc cette année synonyme de désinfection générale. J'ai commencé par la partie la plus sympa, je viens de faire le ménage sur mon blog. D'ailleurs, je suis assez fière du résultat ;-) La question est maintenant de savoir combien de temps je vais supporter de voir voleter cette nuée de moucherons autour du néon de ma salle de bain avant de m'attaquer à la tâche...

Pour le plaisir des yeux, voici un petit avant goût de mes vacances. Photo mise en boîte à Gudvanger, village situé au bout du Nærøyfjord, le fjord le plus étroit de Norvège, qui est lui même un bras du fjord le plus long de Norvège, le Sognefjord, au nord de Bergen. Un havre de plénitude et de tranquilité, classé -quand même- au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Lundi 17 juillet 2006

Le ballon rond a fait vibré Stavanger une bonne semaine. Mais attention, pas un classique ballon de foot, mais un ballon un peu plus aérien, et qui se métamorphose parfois en poisson pané. Un ballon que j'aime bien, parce qu'inconsciemment je l'associe à l'odeur de la mer et de la crème solaire. Bref, j'ai nommé le ballon de beach volley. Le World Tour Swatch 06 a fait étape à Stavanger. L'équivalent en sable d'une plage entière, des gradins, des centaines de mètres de filets et tout autre ustensile nécessaire au beach ont envahi le port, ainsi que des animations en tout genre, karaoké et dégustation de calamars fris. Sans oublier bien évidemment les joueurs, joliment bronzés et musclés ;-) Une vraie ambiance de fête foraine, qui a (presque) mis le foot au placard. Pour un peu je me serais crue de retour sur la côte d'Azur.

Et c'est en cette saison qu'on se dit qu'il fait bon vivre à Stavanger, le soleil devient plus insistant et les terrasses de café ne désemplissent plus (quitte à boire un verre emmitouflé dans un plaid et sous des lampes chauffantes). Je reconnais que j'ai été agréablement surprise en arrivant,  je ne m'attendais pas à trouver autant d'animation. Car malgré sa place assez respectable de quatrième ville du pays, Stavanger ne compte que 100 000 habitants. A l'échelle française, c'est 2 x Châteauroux. Je vous accorde que la comparaison est foireuse car jusqu'à présent, les terres berrichonnes n'ont renfermées ni pétrole ni fjord. N'empêche que Stavanger vit l'été intensément au rythme des festivals et des manifestations.

La saison a débuté en musique avec le mai : jazz festival, suivi de la reconstitution d'un village de vikings au bord du Hafrsfjord, où quelques spécimens bien virils et velus ont mis en scène l’artisanat de l’époque. L’art de vivre viking semble se cultiver à travers le monde, à en juger par la diversité des langues parlées, mais exige une implication sérieuse, on ne se fait pas pousser la barbe et les cheveux du jour au lendemain…

J'attends maintenant avec impatience le Gladmat festival, afin de découvrir les subtilités de la gastronomie norvégienne, et d’effacer le souvenir assez perturbant -aussi bien visuel que gustatif- des boulettes norvégiennes, étrange mélange de farine et de pommes de terre. Suivra enfin le festival international de musique de chambre début Août.

Cette liste n’est pas exhaustive, d’autres festivals un peu moins médiatisés (et pourtant...) comme le festival de la patate à Bryne, le Pulpit RockFestival 2006…. viendront animer nos longues journées d’été & soirées d’hiver, sans oublier l’événement phare : Stavanger décrétée ville européennne de la culture en 2008. Hum, y a encore du boulot...

Bref, vous aurez compris, tout ça pour dire qu’il s’en passe des choses à Stavanger.

Laure, nouvelle bénévole exploitée à l'office du tourisme.

 

Mardi 27 juin 2006

Débarquer dans un secteur complètement nouveau a ses avantages : mon entreprise m'a envoyée pour une semaine de formation à.... London ! 

J'ai connu pire semaine de boulot. Surtout que j'ai été reçue à Londres comme une reine (hihihi), meeting aérien, défilé de la garde royale, soleil et chaleur au rendez-vous. Bon j'ai appris déçue un peu plus tard que cette ambiance de fête était en l'honneur de la reine (la vraie), qui a soufflé ses 80 bougies. N'empêche, c'était un peu la classe, tous ces londoniens chapeautés et en veston pour mon arrivée.  

Je vous présente Graham, un beau spécimen des Coldstream Guards, l'un des cinq régiments d'infanterie de la garde royale. Les Coldstream Guards se distinguent de leurs petits camarades par le plumet rouge qu'ils arborent fièrement dans leur bonnet, et la disposition par groupe de deux des boutons de leur tunique. Sisi. Je vous assure. Le rôle de Graham est de protéger son souverain, mais vu la fréquence des attentats à Buckingham, son rôle est surtout de parader devant des hordes de touristes. J'espère sincèrement qu'il a d'autres fonctions, car il avait l'air de s'emmerder fermement. Et il suait à grosses gouttes sous son bonnet à poil d'ours brun. Pas très respectueux le jeune homme.

Une semaine donc épuisante intellectuellement –ben oui, j’étais en formation quand même– nerveusement –j’achète lequel ? Le bleu ? Le rouge ? Allez, je prends les deux ! Bizarrement, Londres devient bon marché quand on vit en Norvège– mais aussi physiquement –enchaîner les restos, théâtres, matches de foot… Trop dur.

J’ai à ce sujet quelque chose à confesser : j’avoue être aller pactiser avec l’ennemi un samedi soir en  mangeant dans un merveilleux resto coréen. Mais bon, cela n’a plus beaucoup d’importance. J’éviterai juste les tapas ce soir…  

Une chose m'a rassurée, le jour où j'aurais envie d'aller vivre un peu plus longtemps à Londres, je pourrais toujours faire ça :
 


Apparemment, c'est un boulot très en vogue, j'en ai vu des dizaines dans les rues. Pas sûr que ce soit moins ennuyeux qu'être Guard, mais au moins je pourrais cligner de l'oeil.

Velkommen

The WeatherPixie

 
 



expatriate 

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Mon ciel

En quelques mots : Laure, et depuis peu Lolotte -charmant n'est ce pas?!-, ex-étudiante, et propriétaire comblée d'une presque-voiture de collection, une FUEGO. Merci à Vinzc pour cette jolie illustration ;-)

Je t'invite à suivre mes traces encore fraîches au royaume des Olav, des rênes et de la morue, de la crême pour les mains, des aurores boréales... afin d'y trouver pêle-mèle notes et témoignages de mes (més)aventures dans cette contrée lointaine.


 

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