Vendredi 13 : journée symbolique. J'ai l'impression que mon état global s'améliore, la poisse générale recule, seules de petites rechutes subsistent afin d'alimenter ma fameuse réputation et de rompre la monotonie du quotidien. Rien de bien méchant, juste de quoi faire parler les mauvaises langues.
Rapidement, voici un bilan de mes 7 mois de vie à Stavanger :
+ Après 2 passages à l'hosto de Toulouse et 6 mois de retour aux lunettes, mes yeux supportent de nouveau les lentilles.
+ Pas de perte matérielle importante à déplorer, excepté deux pulls, l'un échappé dans l'aéroport de Londres, l'autre oublié dans un bar de Stavanger, à croire que j'avais la tête ailleurs...
+ Pas d'incidents mécaniques ou de panne d'essence inopinée. Juste un pneu crevé et une rayure rouge.
+ Tentative avortée d'incendie d'appartement. Un fer à repasser resté branché toute la nuit, j'avais pourtant mis les moyens.
+/- Après avoir retourné de 45° l'embout de ma clé USB neuve, elle fonctionne encore !
+/- Officiellement Super-Woman... enfin Super-User. On m'aurait menti, c'est pas la même chose?
- J'ai des problèmes évidents de cohabitation avec les réfrigérateurs. Ils ne me supportent pas plus de quelques mois, j'en ai déjà rendu 3 fous à Stavanger. Si j'ajoute à ce triste bilan les 2 de Cannes qui nous ont lachées subitement, ça fait quand même un total de 5 en un peu plus d'un an... C'est inquiétant.
Et puis voilà, rien d'autre à rajouter dans la catégorie catastrophes. Impressionant non? Ce soir, je vais même jusqu'à braver la chance en participant à une partie de poker. S'il vous plait mes copains Trolls, restez de mon côté ;-)

Mais j'ai été bien plus offensive que le serveur du Harry Pepper vendredi dernier, j'ai dégusté une margarita "for free" ! Il suffisait de demander après tout. Et non contente de ma soirée, j'ai trouvé très drôle de laisser une petite blague sur ma note de carte-bleue.
Je vous épargne habituellement les travers de ma vie professionnelle -car je juge que ça n'intéresse personne-, mais je vais faire une exception pour l'anecdote de la semaine. J'espère que personne ne m'en voudra.
Mettons en situation et considérons par exemple le commerce de carottes en l'an 2070. L'eau est devenue une denrée rare, et l'irrigation des champs de carottes est limitée. La production mondiale ne suffit pas à couvrir la demande grandissante des terriens affamés. Le commerce du légume orangé est alors surveillé de près et soumis à des normes de plus en plus strictes; un seul incident -la prolifération d'une bactérie, un caprice de Roger Rabbit- peut déclencher une crise économique de grande ampleur.
Et là vous vous demandez quel peut bien être mon rôle dans ce scénario? Et bien, celui du fermier, qui suit de près ses champs, évalue les fruits de sa récolte, et estime régulièrement sa production future, en fonction de ses réserves restantes en eau. Seulement, chaque fermier a ses propres méthodes, les plus courageux décomptent les carottes une par une, tandis que les autres les pèsent globalement et utilisent sa masse moyenne. Bref, c'est la pagaille.
L'objectif de la réunion de mercredi dernier fut donc de nous présenter un nouvel outil, censé harmoniser cet exercice fastidieux afin de diminuer le risque d'erreur. Mais son introduction signifie à court terme des contraintes supplémentaires et le bouleversement de nos petites habitudes. Bref, un emmerdement général... Nous avons donc reçu cette nouvelle avec un entrain assez réfréné, d'autant qu'on a bien vite compris qu'il va falloir décider d'un responsable parmi nous : les investigateurs du projet souhaitent communiquer je cite avec un Super-User !! Ca en jette hein? Pourtant, derrière ce titre plutôt raccoleur se cache rien d'excitant. La scène fut d'ailleurs très comique, chacun a regardé ses pieds et pris un air complètement détaché.
Et avec la chance que j'ai, je sens que ça va être pour ma pomme, mon chef s'est inquiété pour la première fois -et l'après-midi même- de ma date de fin de mission. Etrange coincidence non? Sans parler des blagues de couloir "you're gonna be the Super-User, HAHAHA". Bon, il parait que c'est un bon point pour me rendre indispensable et me faire embaucher. Mais suis-je sûre de souhaiter être embauchée à Stavanger moi?
Laure, Super-Woman.
Afin de préserver ma vie professionnelle, certains détails purement factuels ont été modifiés !
Je ne travaille pas vraiment dans la carotte... mais chut c'est un secret ;-)
Au terme d'une randonnée aussi pentue que pénible, on a cette fois déniché très facilement le fameux rocher du Kjeragbolten, que la nature a mystérieusement déposé entre deux falaises, à quelques centaines de mètres d'altitude, en bordure du Lysefjord.
Je ne vous cache pas que cette photo n'aurait pas été réalisable sans une bonne dose d'inconscience et un zeste d'encouragement extérieur. Ramper et me hisser au sommet du caillou, afin de poser quelques secondes aussi raide qu'un playmobil, le regard loin à l'horizon pour éviter la vue du vide a été une vraie épreuve de force. La seule vue de cette photo me fait encore froid dans le dos, et avec la sagesse du recul, je doute de réitérer un jour mon exploit !

